Économie d'énergie

PVC ou aluminium : comparatif prix et performances posés

Fenêtres PVC ou aluminium : fourchettes de prix posé, coefficients Uw, tenue dans le temps, entretien et les mentions qu'un devis de menuiserie doit porter.

Par Mis à jour le 9 min de lecture

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PVC ou aluminium : comparatif prix et performances posés
L’essentiel : Posé, un châssis PVC standard revient à 350 à 750 € le m², un châssis aluminium à rupture de pont thermique à 500 à 900 € le m². Le PVC garde l’avantage thermique à prix égal (Uw courant de 1,3 W/m².K contre 1,4 à 1,7 en aluminium), l’aluminium gagne sur les grandes dimensions, les coulissants lourds et la finesse des montants. En rénovation classique d’une maison chauffée, le PVC couvre la majorité des besoins ; l’aluminium se justifie au-delà de 2,20 m de hauteur de vantail, sur les baies coulissantes et quand le clair de vitrage prime.

Deux devis pour les mêmes fenêtres, avec 40 % d’écart, et personne pour vous expliquer clairement ce que justifie la différence. Le commercial PVC vous parle d’isolation, celui de l’aluminium de finesse des montants et de surface vitrée gagnée, et les deux ont partiellement raison. Reste que le coefficient Uw annoncé sur les deux fiches techniques est parfois identique, ce qui rend l’arbitrage encore plus flou.

Les écarts réels entre les deux matériaux se mesurent sur quatre points : le prix posé au mètre carré, la performance thermique à dimensions égales, la largeur du profilé et la tenue de la couleur après quinze ou vingt ans d’exposition. Chacun se vérifie sur un devis correctement rédigé, à condition de savoir quelles lignes lire.

Ce que chaque matériau fait mieux que l’autre

Le choix se joue sur deux propriétés physiques opposées : le PVC conduit très mal la chaleur, l’aluminium la conduit très bien. Tout le reste (prix, teintes, portée des ouvrants) découle en grande partie de là.

Le PVC isole seul, l’aluminium a besoin d’une barrette

La conductivité thermique du PVC rigide tourne autour de 0,17 W/m.K, celle d’un alliage d’aluminium entre 160 et 230 W/m.K, soit un rapport de l’ordre de mille. Un profilé PVC multichambres isole donc par sa seule matière, tandis qu’un profilé aluminium plein se comporterait comme un radiateur inversé : froid au contact intérieur, avec condensation à la clé.

D’où la rupture de pont thermique : deux demi-profilés aluminium reliés par des barrettes de polyamide renforcé de fibre de verre, généralement de 18 à 40 mm de largeur. Plus la barrette est large, meilleur est le résultat. En ordre de grandeur, le coefficient du dormant (Uf) se situe vers 1,3 à 1,8 W/m².K en PVC et vers 1,8 à 2,8 en aluminium à rupture. Sur une fenêtre complète en double vitrage 4/16/4 argon, cela donne un Uw autour de 1,3 côté PVC et 1,4 à 1,7 côté aluminium. Un aluminium sans rupture de pont thermique reste vendu pour des vérandas froides ou des locaux non chauffés : il n’a rien à faire dans une pièce de vie.

Portée, poids et clair de vitrage : là où l’aluminium reprend la main

L’aluminium est rigide, le PVC ne l’est pas. Au-delà d’environ 1,20 m de largeur ou 2,20 m de hauteur par vantail, le PVC exige des renforts acier intérieurs, et les fabricants plafonnent les dimensions par cahier des charges. L’aluminium accepte des vantaux coulissants de 2,50 à 3 m de hauteur et plusieurs centaines de kilos.

Conséquence visible : des montants de 50 à 70 mm en aluminium contre 100 à 130 mm en PVC, donc plus de verre pour une même baie. La dilatation joue aussi, environ 0,07 mm/m.K pour le PVC contre 0,024 pour l’aluminium, ce qui explique les déformations des grands dormants PVC sombres exposés plein sud.

Prix posé : à quoi s’attendre au mètre carré

L’écart de prix entre les deux matériaux reste réel, mais il se resserre dès que l’on quitte la fenêtre standard. Comptez en moyenne 40 à 70 % de plus pour l’aluminium à performance thermique comparable, l’écart se réduisant sur les grandes dimensions où le PVC impose des renforts et des profilés épais.

Fourchettes par type d’ouvrant, fourniture et pose comprises

Les ordres de grandeur ci-dessous couvrent la fourniture, la pose en rénovation sur dormant existant et les finitions courantes (joints, couvre-joints, calfeutrement). Ils excluent la dépose totale, les reprises de maçonnerie et l’échafaudage.

  • Fenêtre 2 vantaux 120 × 120 cm, double vitrage : 550 à 950 € en PVC, 700 à 1 300 € en aluminium à rupture de pont thermique.
  • Porte-fenêtre 2 vantaux 215 × 140 cm : 900 à 1 500 € en PVC, 1 300 à 2 300 € en aluminium.
  • Coulissant 2 rails 240 × 215 cm : 1 400 à 2 400 € en PVC, 2 000 à 3 800 € en aluminium.
  • Baie à galandage 3 m : rarement proposée en PVC au-delà de 2,40 m ; de 3 500 à 7 000 € en aluminium selon le seuil et la motorisation.

Rapporté au mètre carré d’ouverture, cela situe le PVC posé autour de 350 à 750 €/m² et l’aluminium entre 500 et 900 €/m².

Les six postes qui écartent deux devis de 40 %

À produit apparemment identique, les différences se logent toujours aux mêmes endroits : le type de pose (rénovation, dépose totale, pose en applique), le vitrage retenu (4/16/4 argon, 4/20/4, triple, feuilleté 44.2 côté rue), la finition bicolore ou les teintes hors nuancier standard, les volets roulants intégrés et leur motorisation, la reprise des tableaux et des appuis, enfin l’évacuation des anciennes menuiseries.

Demandez que chacun de ces postes apparaisse séparément. Un chiffrage global « fourniture et pose » sur une seule ligne empêche toute comparaison sérieuse.

Vieillissement, entretien et couleurs sur vingt ans

Le prix posé ne dit rien de l’état de la menuiserie au bout de deux décennies. Et c’est là que les deux matériaux divergent le plus nettement.

Ce qui se dégrade vraiment, et en combien de temps

Le jaunissement du PVC blanc existe, mais il concerne surtout les profilés posés avant les années 2000, quand les stabilisants au plomb dominaient. Les formulations actuelles au calcium-zinc, avec une couche extérieure chargée en dioxyde de titane, tiennent bien mieux. Une légère perte d’éclat reste possible sur les façades très exposées au sud, visible surtout par comparaison avec un profilé neuf.

Le vrai point faible du PVC n’est pas la couleur, c’est la tenue mécanique des teintes foncées. Un profilé plaxé anthracite peut monter à 70 ou 80 °C en plein soleil, ce qui provoque des déformations sur les grandes dimensions. Les fabricants imposent pour cette raison des limites de surface plus strictes et parfois un renfort acier supplémentaire.

Sur l’aluminium, le laquage thermolaqué label Qualicoat garde sa teinte longtemps, avec un farinage progressif de la surface. En bord de mer, la classe de laquage compte : il faut un traitement de surface renforcé, souvent appelé Qualimarine, sous peine de piqûres de corrosion sous le film dans les dix premières années.

Côté garanties, lisez ce qu’elles couvrent. Dix ans sur le laquage, ce n’est pas dix ans sur les quincailleries ni sur l’étanchéité des vitrages isolants, souvent garantis cinq ans. Les joints d’ouvrant se remplacent, ceux-là s’usent réellement.

Les deux matériaux se recyclent : l’aluminium en boucle presque infinie, le PVC en profilés de cœur recouverts d’une peau vierge, avec une filière de collecte des anciennes menuiseries désormais structurée en France.

Les lignes à vérifier avant de signer le devis

Un devis de menuiserie se juge sur ses chiffres, pas sur sa présentation. Le premier point à contrôler : le coefficient annoncé doit être un Uw, pas un Ug. Le Ug ne caractérise que le vitrage central et flatte le produit ; le Uw porte sur la fenêtre entière, dormant et ouvrant compris, dans une dimension de référence. Un Uw de 1,3 W/m².K sur un châssis PVC standard et de 1,4 à 1,7 sur de l’aluminium à rupture de pont thermique correspondent à l’offre courante.

Demandez aussi le Sw (facteur solaire) et le TLw (transmission lumineuse). Un vitrage à contrôle solaire fait chuter le Sw autour de 0,25, ce qui est utile plein sud mais pénalise les apports gratuits en hiver sur une façade nord. Le classement AEV doit figurer noir sur blanc : perméabilité à l’air (A*1 à A*4, norme NF EN 12207), étanchéité à l’eau (E, NF EN 12208), résistance au vent (V, NF EN 12210). En bord de mer ou en étage élevé, un A*4 E*7B V*C4 n’est pas un luxe.

Le type de pose change le résultat autant que le produit. Le devis doit préciser rénovation sur dormant conservé ou dépose totale, la pose en applique, en feuillure ou en tunnel, le calfeutrement retenu, la reprise des tableaux intérieurs et le traitement des seuils, en particulier si un seuil accessible de 2 cm maximum est requis.

Côté mentions, exigez la date, la durée de validité, le décompte détaillé par prestation avec quantités et prix unitaires, les frais de déplacement et le caractère gratuit ou payant du devis. La loi du 18 juin 2014 oblige par ailleurs à mentionner l’assurance professionnelle de l’entreprise, avec les coordonnées de l’assureur et la couverture géographique.

Relevez vous-même les dimensions de tableau de chaque ouverture, largeur et hauteur, et notez pour chacune le sens d’ouverture souhaité ainsi que l’orientation. Avec cette liste, demandez des devis chiffrés ligne par ligne : un métreur passera de toute façon avant fabrication, mais vous pourrez comparer les offres sur la même base au lieu de comparer des forfaits opaques. Exigez le Uw et le Sw de chaque menuiserie, pas la performance du vitrage seul, et vérifiez que la dépose des anciens cadres, l’évacuation et les finitions intérieures figurent bien au devis. Les écarts entre deux propositions pour un même produit dépassent souvent 20 %, et c’est presque toujours sur la pose et les finitions que se joue la différence.

Julien Morel

Rédaction Questions Travaux

Julien Morel est le nom de plume de la rédaction de Questions Travaux. Nos guides s’appuient sur les textes officiels (Anah, service-public.fr, Légifrance, ADEME) et les règles de l’art. Les prix cités sont des ordres de grandeur, jamais un devis.

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